L’enfer c’est les autres

Je propose ce matin sur le site de la paroisse de La BARC un culte à vivre chez soi. Je reprends ici le texte de la prédication.

L’enfer, c’est les autres! écrivait Jean-Paul Sartre. Une affirmation forte qui devient terriblement d’actualité ces jours où chaque proximité est vécue comme une violation de mon espace protégé.

Je n’avais jamais lu Huis clos de Sartre. Cette semaine a donc été l’occasion de faire quelques fouilles dans la bibliothèque pour découvrir cette œuvre qui n’a rien perdu de sa force. Jouée pour la première fois en 1944 à Paris, au théâtre du Vieux-Colombier (!).
L’enfer c’est les autres… et après une semaine entière à partager mon espace de vie 24 heures sur 24 avec mon mari et mes enfants, je réalise que dans beaucoup de familles, l’enfer ça va devenir les proches.

On s’énerve plus vite et la moindre petite chose peut devenir sujet d’irritation. Inès, un des personnages de Sartre déclare: Petit à petit. Un mot, de-ci, de-là. Par exemple, il faisait du bruit en buvant ; il soufflait par le nez dans son verre. Des riens.

Des riens… mais qui peuvent déclencher des ouragans. Continuer la lecture de L’enfer c’est les autres

Florilège de bonnes idées pour garder le moral et accomplir notre mission autrement malgré le Covid-19

Des mesures spéciales restreignent nos possibilités de nous réunir? Il nous faut renoncer à plusieurs de nos manifestations paroissiales?
Pourquoi ne pas mettre à profit cette situation pour nous réinventer? Trouver d’autres manières d’être ensemble, solidaires.

Il est primordial de ne pas penser les choses en seuls termes de suppressions, annulations et renoncement. Simplement annuler, c’est disparaître. Et cela dit quelque chose de nous. L’Église ne peut pas être inexistante en temps de crise. Sinon elle laisse entendre que Dieu nous abandonne.

Soyons créatifs.ves et que l’Esprit nous inspire!

Voici quelques idées glanées ici ou là, pas nécessairement uniquement dans ma paroisse. Liste non-exhaustive et à compléter en tout temps. Continuer la lecture de Florilège de bonnes idées pour garder le moral et accomplir notre mission autrement malgré le Covid-19

A distance par amour

Prédication du culte célébré à Rochefort le 8 mars 2020 avec la participation du Chœur de Colombier – La BARC

Lectures bibliques : Genèse 9,8-17 ; Romains 8,28-39

Chers amis

La semaine a été dense. Elle a certainement été intense pour toutes celles et ceux qui assument des responsabilités dans le cadre d’institutions, d’associations ou d’organisations d’événements.
Elle l’a peut-être été pour vous aussi. Intense et peut-être pesante dans la quantité d’informations et voire dans le sentiment ambiant d’inquiétude croissante.
Les mesures liées à l’épidémie du coronavirus sont tombées jour après jour, obligeant à s’adapter à s’interroger sur la suite à donner à nos activités paroissiales, aux camps de catéchisme en préparation, à nos célébrations. Mesurer ce qui est juste de poursuivre et ce à quoi il est raisonnable de renoncer.
Peser d’un côté l’importance de continuer à vivre normalement et de l’autre la nécessité de s’adapter à la réalité du monde.
Discerner où réside notre responsabilité dans l’effort commun à contenir la diffusion de la maladie. Quand bien même nous ne serions pas inquiets pour nous-mêmes, pouvons-nous décemment faire prendre le risque à d’autres ? N’est-ce pas notre rôle de chrétiens de protéger les plus vulnérables ?

Dans mes élans idéalistes, j’avais imaginé que je réussirais à construire pour le culte de ce matin quelque chose de cohérent entre les pièces chantées par le chœur, les lectures bibliques et les textes liturgiques.En ce 8 mars – journée internationale des droits des femmes –, j’avais aussi imaginé nous inviter à méditer certains récits bibliques mettant en avant de grandes personnalités féminines.
Et voilà que jeudi soir est arrivé très très vite cette semaine, et qu’il était déjà tard pour transmettre les textes aux lecteurs et le plan du culte aux musiciens. J’ai alors simplement cherché les textes du jour dans le lectionnaire…
Parfois, il faut revoir à la baisse certains de nos idéaux. Et nous laisser surprendre par les textes, les laisser nous parler. Continuer la lecture de A distance par amour