Aube pascale: promenade méditative

Déroulement et textes de la célébration de l’aube de Pâques vécue à Auvernier, au petit matin dans un cadre magnifique.

Station 1 autour du feu

Accueil des participants autour d’une bûche allumée. Devant le chalet scout. 6h00.

Texte d’accueil: Bienvenue à toutes et tous. Nous voici dans la nuit. Obscurité du monde que nous avons plutôt l’habitude de fuir. Mettant à profit ces heures apparemment inutiles puisque boudées par la lumières pour nous reposer, reprendre des forces pour nous engager courageusement dans le jour suivant. Mais voici que parfois, la nuit vient à nous. Mystérieuse et englobante. Angoissante aussi. Les ténèbres pénètrent en nous plus encore que nous ne pénétrons en elles. C’est ce qui se produisit pour ceux qui avaient suivi Jésus, qui avaient cru en lui comme celui que Dieu envoyait pour les sauver. Voilà qu’il a été mis à mort. Voilà que l’échec et l’obscurité ont eu raison de leurs espérances. C’est dans cette obscurité qui envahit encore le monde que nous nous sommes donné rendez-vous. Autour d’un feu qui nous réchauffe et donne un peu de lueur. Prémices de cette flamme et de cette lumière qui ne laissent pas les ténèbres l’emporter sur notre espérance.

Cette année, hasard du calendrier, le jour de Pâques tombe sur la date du 1er avril. Alors ici, point de canular ni d’espièglerie, mais nous vous proposons de vivre cette balade méditative de l’aube pascale sous le signe le poisson. Thème biblique et chrétien chargé de sens, notre marche se vivra au rythme de textes et de rencontres où il sera question de poissons.

Chant: La nuit règne encore ici-bas, mais notre espérance est que tout ne se termine pas à la Croix. Que Dieu ne nous abandonne pas dans l’obscurité. Le chant La ténèbre n’est point ténèbre ponctuera notre marche. Nous le chantons 3 fois.

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C’est quand, la saison des figues?

Prédication du dimanche des Rameaux sur Mc 11,1-21 (l’entrée à Jérusalem et le figuier stérile)

Un homme, un vrai!

Il y a une chose qui m’énerve dans les représentations de Jésus. Que ce soit dans la peinture ou dans les illustrations de livres pour enfants, mais surtout dans les films et les dessins animés qui racontent des épisodes bibliques.
Ce qui m’énerve, c’est cet air éthéré qu’a presque toujours Jésus : les yeux vitreux, l’air pénétré, la tête un peu penchée, une voix douce et pleine de souffle.

Les événements semblent glisser sur lui comme sur les plumes d’un canard. Il ne se laisse atteindre par rien. Il s’adresse à ses interlocuteurs avec ce calme olympien, même s’il se trouve au milieu d’une foule agitée.

C’est fou ce que ce Jésus-là m’énerve. En tout cas, il est certain que si j’avais vécu à l’époque, je n’aurais jamais suivi cet espèce de gourou survolant le monde.
C’est tout de même étrange que les cinéastes, les auteurs et les dessinateurs lui donnent ces traits, alors que les évangiles dont ils s’inspirent présentent au contraire un Jésus résolument humain.

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La Conscience – Victor Hugo

Le texte entier du poème de Victor Hugo La Conscience. Extrait du recueil « La légende des siècles » (1859 – 1877), dont il est fait référence dans la prédication Au commencement était la violence.

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.

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Au commencement était la violence

Prédication sur Genèse 4,1-16 (Caïn et Abel). Lecture biblique: Ecclésiaste 8,14-17.

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Échevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.

Ainsi débute le poème de Victor Hugo intitulé La Conscience. Continuer la lecture de Au commencement était la violence

Ce petit manque qui gâche la fête

Prédication du culte d’installation dans la paroisse de La BARC, le 14 janvier 2018 au temple de Colombier, sur Jean 2,1-11 (les noces de Cana). Lecture biblique: 2 Pierre 1,2-8

On va manquer de vin!
Pas aujourd’hui, je vous rassure. Je crois que tout a été prévu pour que nous ne manquions pas, ni à la cène ni lors de l’apéritif qui suivra le culte. C’est à la noce à laquelle Jésus et ses proches sont associés que le vin vient à manquer.

Cette histoire des noces de Cana se situe tout au début de l’évangile de Jean, c’est la première fois que Jésus opère un miracle, un signe comme le dit le 4e évangéliste. Et même si les signes vont crescendo dans l’évangile, on se dit que cela ne semble pas si grave de manquer de vin. Même si je sais que dans la région, c’est un sujet sensible.
S’il s’agissait d’un manque d’eau au milieu du désert ou d’un manque de pain en période de disette, on comprendrait la nécessité de l’intervention divine. Mais pour un manque de vin dans une noce où il en a certainement déjà été beaucoup bu… on voit moins.

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