Le mage aux mains vides: un conte de Noël

Voici un joli conte de Noël, à lire en famille ou à raconter à l’occasion d’une rencontre dans le temps de l’Avent. Il peut aussi être adapté en saynète pour les enfants.
J’ai retravaillé le texte à partir d’une dialogue préparé pour des enfants. Je ne connais ni la version originale ni le nom de l’auteur de cette histoire.

Il y avait dans un pays d’Orient, loin, très loin, du côté du soleil levant, un homme riche, sage et savant. Tout le monde l’appelait le mage. Un soir en regardant le ciel, le mage vit briller une étoile nouvelle jamais observée jusque là. L’étoile était impressionnante et son éclat incroyablement lumineux.

« Miséricorde! Elle annonce sûrement la naissance d’un grand roi! »

Le lendemain matin, à l’instant même où le mage s’éveilla, son esprit fut habité par cette étoile. De toute la journée, il ne put en détacher son esprit.

« C’est décidé, je vais aller voir ce roi!
Mais que pourrais-je lui apporter ? Pour que son étoile soit si belle, il est sûrement plus riche et plus puissant que moi.
Miséricorde! Et si je lui apportais du pain? Tout le monde me dit ici que celui de ma maison est le meilleur du monde. »

Il fit donc venir ses serviteurs et leur annonça:

« Demain, je pars visiter un grand roi.
Toi, le cuisinier, fais-moi le meilleur et le plus gros pain que tu puisses faire! C’est le cadeau que je veux lui faire. Applique-toi.
Toi, brosse mon manteau le plus chaud car je voyagerai surtout la nuit.
Et toi, selle mon plus beau cheval! »

« Je ferai comme tu le souhaites, répondit le dernier serviteur, mais puis-je te demander où tu veux te rendre? »

« Vers le soleil couchant, là où j’ai vu une étoile extraordinaire se lever… »

« Mon maître, c’est un rude chemin pour un cheval. Permets-moi un conseil: prends ton âne, il est plus lent c’est vrai, mais il est bien plus robuste. C’est la monture qu’il te faut pour un tel voyage. »

« Tu as raison. Va! Prépare mon âne. Je pars ce soir déjà. »

Le soir même, le mage se mit en route et son âne le porta, infatigable, en direction de l’étoile extraordinaire qui brillait du côté du soleil couchant. Le mage voyagea longtemps, se reposant le jour et attendant le soir avec impatience pour que l’étoile lui indique la bonne direction.
Mais un soir, un drôle de bruit le fit s’arrêter… Il tendit l’oreille et reconnut des pleurs. Il se détourna de sa route et s’approcha de l’endroit d’où venait la plainte.

« Bonjour, femme. Pourquoi tes enfants pleurent-ils? »

« Ils ont froid, seigneur, et je n’ai rien à leur mettre. »

« Miséricorde!
Tiens, prends mon manteau et couvre tes enfants. Ainsi ils auront chaud. »

Puis il reprit sa route en marchant à côté de son âne plutôt qu’en se laissant porter par lui. Ainsi il n’eut pas froid.
Le lendemain soir, l’étoile se leva et plein de joie, il la suivit. Mais bientôt il s’arrêta. A nouveau, il entendait pleurer.

« Qui pleure? Et pourquoi? »

« C’est moi, seigneur, mes enfants ont faim. Depuis bien longtemps, ils ne mangent que quelques baies sauvages que l’on trouve en chemin… »

« Miséricorde!
Un grand roi a sûrement un bon cuisinier à son service et du bon pain frais chaque jour. Le mien a déjà quelques jours, il n’est plus très frais, et puis, je pourrai toujours lui offrir mon âne!
Tiens femme, partage ce pain avec tes enfants. »

Au matin, pour laisser son âne se reposer, le mage s’arrêta sous un arbre, au bord d’un champ à moitié labouré. Le paysan était là.

« Eh, toi, pourquoi restes-tu là à regarder ton champ? Ne veux-tu pas finir ton travail? »

« Ah, j’aimerais bien mais mon vieil âne est mort cette nuit. Je n’ai pas d’argent pour en acheter un autre. Mes voisins sont aussi pauvres que moi et ils n’ont pas encore fini de labourer. Ils ne peuvent pas m’aider. »

« Miséricorde!
Ce champ doit être labouré. Mon âne est solide. Un grand roi a sûrement une grande écurie et beaucoup de bêtes. De plus je ne dois pas être loin de mon but, l’étoile me semblait toute proche cette nuit…
Prends cet âne et mets-toi au travail! »

Le mage reprit sa route, lentement. Vers le soir, il arriva dans un petit village.

« Oh, l’étoile est juste là!
Mais je n’ai plus rien à offrir au roi… Je ne peux pas me présenter comme ça devant lui! Et pourtant, j’aimerais tellement le voir, même de loin.
Mais ce n’est sûrement pas ici que je vais le trouver: il n’y a pas de palais, pas de grande maison, pas même un tente de riche nomade, rien! Qu’est-ce qu’un roi ferait ici?
Pourtant l’étoile est si près!
Ah vraiment, je ne comprends pas… »

Ce jour-là, Joseph avait livré des poutres à son cousin et rentrait chez lui. Il se réjouissait de retrouver Marie et son fils. Il vit un homme assis près de sa maison. Il était richement vêtu, mais n’avait ni bagages, ni provisions, ni même un manteau!

« Entre, voyageur, ne reste pas dehors par ce froid! Nous ne sommes pas riches, mais ce que nous avons, nous le partageons de bon cœur et tu pourras te faire un lit dans un coin. »

À l’intérieur il faisait bon. Une jeune femme le regarda en souriant et, mettant un doigt sur ses lèvres, lui montra un enfant endormi. Le mage s’approcha sans faire de bruit et se mit à genoux pour mieux voir l’enfant…
Derrière lui, la porte s’ouvrit doucement. Une femme se glissa à l’intérieur.

« Marie! Je sais que tu dois partir avec l’enfant. Les nuits sont froides. Prends ce manteau qu’un étranger m’a donné quand mes enfants avaient froid! »

À nouveau, la porte s’ouvrit doucement, une autre femme entra.

« Marie! Je sais que tu dois partir avec l’enfant et votre route sera longue. Prends ce pain. Un étranger me l’a donné quand mes enfants avaient faim, il en reste encore un gros morceau et vous en aurez besoin. »

Encore une fois, la porte s’ouvrit. Cette fois-ci un homme entra.

« Joseph! Vous devez voyager vite. Marie est fatiguée et doit s’occuper de l’enfant. Je t’ai amené un âne, le tien est vieux et fatigué. Quand mon vieil âne est mort un étranger m’a donné le sien pour que je puisse labourer mon champ. Je viens juste de terminer. Cet âne est grand et fort, il portera facilement Marie et l’enfant. »

Le mage se retourna. Il regarda les deux femmes et le paysan. Il regarda à nouveau l’enfant.
Alors l’enfant se réveilla et regarda le mage en souriant…
Et le mage crut entendre une petite voix lui dire :

Tu vois, tu m’as trouvé! Tu croyais que tu venais les mains vides, et pourtant, tu m’as tout donné!


6 réflexions au sujet de « Le mage aux mains vides: un conte de Noël »

  1. Bonjour Diane,
    Ce conte sera parfait pour notre veillée avec les parains et marraines de nos 3 enfants, ainsi que leur famille. Je me réjouis de raconter cette belle histoire, qui sonne si juste.

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