La paix… une exception suisse

Voici le Message des Églises que j’ai prononcé hier soir au Port de Cortaillod, à l’occasion des festivités de la Fête nationale.
Merci à la Commune de Cortaillod d’associer chaque année les Églises à cette manifestation villageoise.

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Mesdames et Messieurs,
Chers concitoyens, chères concitoyennes,

Vous avez peut-être lu comme moi, en juin dernier, cette annonce du Global Peace Index: la Suisse est un des 10 pays du monde à vivre totalement en paix.
Seuls 10 pays sur les 324 que compte notre planète. 10 pays seulement vivent en paix… (!)
Et la Suisse en fait partie, aux côtés du Botswana, du Chili, du Costa Rica, du Japon de l’Île Maurice, du Panama, du Qatar, de l’Uruguay et du Vietnam.

10, ce n’est pas beaucoup.
Et je me suis demandé quels étaient les critères pour établir un tel classement. Comment définit-on la paix?
D’après ce que j’ai lu, ce sont les seuls 10 pays qui ne sont pas engagés dans un conflit interne ou externe.
Donc être en paix, cela signifie en fait: ne pas être en guerre.
Soit.
Mais la paix, me semble-t-il est plus que cela.

La Suisse, il nous faut en prendre conscience, est un îlot dans le monde.
Un îlot où nous vivons non seulement hors de la peur des bombes, mais aussi dans un contexte de paix du travail, de paix sociale, et de paix religieuse.

Nous en sommes fiers.
Et il est vrai qu’une partie de notre bien-être à vivre ensemble est dû à notre système politique collaboratif, à notre respect des institutions et à notre expertise.
On regarde souvent nos voisins avec un œil critique. L’air de penser qu’ils ne savent pas s’y prendre alors qu’en Suisse, nous abordons les choses avec plus de sagesse et d’efficacité.

Mais je ne crois pas que tout soit entre nos mains.
Aucun d’entre nous n’a choisi de naître là où il a vu le jour.
Vous comme moi, nous aurions pu naître à Kaboul, à Damas ou Bamako.
C’est le hasard, la vie, la providence, Dieu – appelez-le comme vous le voulez.

Mais je crois qu’il est juste d’en prendre conscience. Et dès lors, d’en être reconnaissants.
Je l’interprète comme une grâce.
Et l’Évangile m’apprend que toute grâce reçue appelle chez moi une responsabilité.

Si donc nous avons la grâce de vivre dans un des seuls 10 pays au monde à vivre en paix, nous avons une responsabilité face à ce monde. Face à ces 314 autres pays et les personnes qui y vivent.
Responsabilité qui s’exprime dans notre tradition humanitaire et dans celle, très active ces dernières années, d’acteur dans les processus de conciliation et de paix.

Ce sont nos responsabilités en tant qu’État qu’il convient à tout citoyen d’avoir à cœur. Rien n’est jamais acquis et l’ouvrage de la paix doit sans cesse être remis sur le métier.
Nous avons aussi des responsabilités en tant qu’individus à promouvoir autour de nous les éléments d’une paix durable.
Dans l’accueil des personnes qui fuient les conflits armés, dans l’ouverture et la bonne entente entre les autorités civiles et religieuses, dans la modestie et la reconnaissance de ce qui nous est donné.

Fêtons ce soir!
Célébrons les beautés et les joies de notre pays!
Et rendons grâce de vivre dans cette paix.

Et dès demain, œuvrons!
Œuvrons ensemble à l’élargissement de la paix. Telle est notre responsabilité.

Chers concitoyens, chères concitoyennes, je vous souhaite de belles festivités.
Et comme l’écrivait l’apôtre Paul à la fin d’une de ses lettres: Que le Seigneur qui donne la paix, vous accorde sa paix en tout temps et en toutes choses. (2 Thessaloniciens 3,16)

3 réflexions au sujet de « La paix… une exception suisse »

  1. Merci Diane, voilà un message d’Eglise aussi concis que clair et inspirant.

  2. Tout à fait d’accord avec vous, Madama la Pasteur. Et j’ai même envie de partager avec vous une piste pour oeuvrer: http://solidarity-young-migrants.ch

    Bientôt également dans le Canton de Neuchâtel grace à la collaboration du Foyer de La Ronde à La Chaux-de-Fonds et à l’association Bel Horizon

    Mais il y a peut-être quelques églises qui s’intéressent comme cela se passe dans le canton de Vaud. Si c’est le cas, Madame la Pasteur, je suis tout l’ouïe.

    Que votre soirée soit belle, Martino

  3. Ciao Martino!

    Merci pour ton message. Je connais le travail de Bel Horizon ainsi que de plusieurs initiatives locales car la paroisse du Joran est très engagée dans les enjeux liés à l’asile et est à l’origine de la plateforme œcuménique et régionale RequérENSEMBLE. Tu trouveras toutes les infos concernant RequerENSEMBLE ici: http://www.lejoran.ch/diaconie-aumonerie/asile/

    Par ailleurs, l’EREN propose un guide intitulé « Que faire pour les requérants d’asile et les réfugiés dans notre canton? ». Téléchargeable en pdf sur : http://www.protestant-neuchatel.ch.

    Bravo pour ton engagement et au plaisir de te revoir à l’occasion!

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