Le sortilège: pouvoir de la parole

Introduction au thème

On découvre dans le Grand Grimoire de l’Évangile (nom donné à la Bible pendant le camp de catéchisme sur le thème de Harry Potter) la parole suivante: Vois ! Ta confiance t’a sauvé. Que peut bien signifier cette parole? Peut-être est-ce une formule pour un sortilège. Mais quel sorte de sortilège cela peut-il bien être?

Pour chaque sortilège, une parole est associée à un geste et à une intention. Tout l’art du sorcier consiste à les maîtriser.

Extrait de Harry Potter à l’école des sorciers (tome 1, chapitre 17 du DVD). On peut visionner aussi la scène suivante: l’initiation au quidditch.

Les paroles qui font du bien

Derrière les mots, il y a une intention. Celle-ci s’exprime par les termes choisis mais aussi le ton utilisé. Elle peut être claire ou masquée.

Avec les jeunes, on se demande quels sont les mots qui font du bien. Puis on écrit sur un grand panneau tous ces « mots magiques » qui font du bien.

Guérison de l’aveugle de Jéricho

On découvre ensuite une parole de Jésus qui a fait du bien: le récit de la guérison de l’aveugle de Jéricho (Luc 18,35-43). Un bref commentaire de ce texte à l’attention des animateurs.trices du camp.
Nous choisissons pour découvrir ce récit d’animer un bibliologue. Il s’agit d’une méthode d’animation qui permet d’entrer dans le récit biblique et d’y découvrir aussi bien ce qui y est écrit (feu noir) que tout l’espace que notre imaginaire peut investir (feu blanc). On ne s’improvise pas animateur.trice de bibliologue. Cela demande pas mal d’entraînement et de préparer on fil d’animation. Je met le mien à disposition bien qu’il ne devrait pas être repris tel quel, mais adapté par la personne qui anime.

Bibliologue

Les participants sont assis en cercle. Les chaises suffisamment éloignées les unes des autres pour que l’animateur.trice puisse se placer à côté de celui ou celle qui s’exprime.

Prologue

Pour ce cours de sortilèges, il va falloir être très attentifs parce que chaque parole a de l’importance. Nous allons vivre ensemble une expérience extraordinaire. Mais attention, il est important que tout le monde respecte bien les règles, sinon l’expérience échouera comme lorsqu’un transplanage se passe mal, nous risquons tous d’être desartibulés.

Voici les règles. Il y a un guide, ce sera moi. Le guide lit un récit du Grand Grimoire de l’Évangile. À certains moments de l’histoire, je vais vous demander de vous mettre dans la peau d’un personnage. Pas besoin de vous lever ou de faire quoi que ce soit comme gestes. Tout se passe dans votre tête. Vous allez d’abord vous imaginer comment réagit ce personnage. Puis je vais vous demander de vous exprimer comme si vous étiez ce personnage. Quand le personnage a envie de dire quelque chose par votre bouche, vous levez la main et vous attendez que je m’approche de vous. Puis vous dites ce que dit votre personnage. Vous le dites en JE. Vous êtes ce personnage. Ensuite, le guide résume ses paroles. Puis une autre personne peut s’exprimer en levant la main et en attendant que je vienne vers elle.

Il n’y a pas de juste ou de faux, laissez-vous simplement habiter par les personnages. L’expérience est un succès du moment que tout le monde s’y engage avec sincérité. On n’argumente pas sur ce que disent les autres. Et bien entendu, on ne se moque pas même si à notre avis, le personnage ne dit pas du tout ça. Tout le monde peut prendre la parole, sans jamais couper la parole aux autres. Tout le monde peut s’exprimer pour tous les personnages. Vous êtes aussi libres de ne rien dire si vous préférez.

C’est bon? Alors si vous êtes prêts, allons-y!

Introduction

Je touche le Portoloin. Nous quittons maintenant notre belle écoles des Trois Sapins pour nous retrouver dans un pays lointain. Un pays où les chemins sont secs et poussiéreux et où le soleil est puissant. Dans la jolie ville de Jéricho, les rues sont étroites. Les maisons serrées pour que les rayons chauds du soleil ne parvienne pas à se glisser entre elles et que l’ombre y soit préservée. En pleine journée, on ne sort pas trop des maisons. On attend que les heures chaudes soient passées avant de ressortir. Les rues commencent alors à s’animer. Avant de sortir, on vérifie qu’on a bien dans les poches quelques pièces de monnaie. Il n’est pas rare de trouver assis au coin des rues ou au bord des chemins des hommes ou des femmes en attente d’une pièce ou deux. Des vieillards, des veuves ou des infirmes qui ne peuvent pas travailler pour subvenir à leurs besoin. Ils vivent grâce aux petites pièces que leur donnent les passants.

En ce temps là, un homme avait entrepris un grand voyage. Depuis la région de la Galilée, il se dirigeait vers la grande ville de Jérusalem. Sa réputation le précédait. Tout Jéricho avait entendu parler de lui. Au départ, il voyageait avec un petit groupe de disciples. Mais au fil des jours et des semaines, des hommes, des femmes et des familles toute entières avaient choisi de le suivre. Malgré le soleil et la fatigue, ils étaient désormais nombreux à marcher sur les routes de la Palestine avec lui. Et à faire halte de ville en ville. Justement…

Entrée dans le récit

… Jésus approchait de Jéricho.
Or, un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait.
Il entendit la foule qui avançait et demanda ce que c’était.
On lui apprit que Jésus de Nazareth passait par là.
Alors il s’écria : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! »

Vous êtes cet homme aveugle assis au bord du chemin en train de mendier.
Toi l’homme aveugle au bord du chemin, qu’est-ce qui se passe en toi au moment où tu t’écries « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! » Qu’est-ce qui t’anime ? Qu’est-ce que tu ressens ?

Merci, l’homme aveugle.

Ceux qui marchaient en avant lui faisaient des reproches pour qu’il se taise, mais il criait encore plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! »

Parmi ces hommes qui marchent avec Jésus, il y a Samuel. Un jeune garçon qui a choisi de tout abandonner pour partir avec Jésus. Vous êtes Samuel.
Samuel, pourquoi cherches-tu à faire taire cet aveugle ?

Merci Samuel.

Jésus s’arrêta et ordonna qu’on le lui amène.

Vous êtes toujours Samuel.
Samuel, qu’est-ce que tu ressens quand Jésus demande qu’on amène à lui cet homme aveugle ?

Merci Samuel.

Quand l’aveugle se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
Il répondit : « Maître, fais que je voie de nouveau. »

Vous êtes l’homme aveugle.
Homme aveugle, toi qui mendies pour vivre. Qu’est-ce qui s’est passé en toi qui a fait que tu ne demandes pas simplement une pièce d’argent mais que tu répondes : Maître, fais que je voie de nouveau ?

Merci l’homme aveugle.

Et Jésus lui dit : « Vois, ta confiance t’a sauvé. »
Aussitôt, il put voir, et il suivait Jésus en louant Dieu.
Toute la foule vit cela et se mit aussi à louer Dieu.

Vous êtes à nouveau Samuel.
C’est le soir. Au terme de cette longue et dense journée, tu te poses sur une natte et avant de t’endormir, tu repenses aux événements de la journée.
Samuel, qu’est-ce qui t’a marqué aujourd’hui ?

Merci Samuel.

Merci Samuel.
Merci l’homme aveugle.
Et merci à vous tous qui leur avez donné vie.

sortie du récit

Nous reprenons maintenant notre Portoloin.Nous laissons le jeune Samuel s’endormir en repassant le souvenir de sa journée dans sa tête. Nous quittons l’homme qui désormais n’est plus aveugle et le laissons à la vie qui s’ouvre devant lui. Nous laissons Jésus et ses compagnons, en route pour Jérusalem. Mais nous le retrouverons prochainement, c’est sûr. Le Portoloin nous ramène ici, dans cette réalité que nous connaissons bien, dans notre belle et grande école des Trois Sapins.

Nous redevenons nous-mêmes et nous écoutons : Jésus approchait de Jéricho. Or, un aveugle était assis au bord du chemin et mendiait. Il entendit la foule qui avançait et demanda ce que c’était. On lui apprit que Jésus de Nazareth passait par là. Alors il s’écria : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en avant lui faisaient des reproches pour qu’il se taise, mais il criait encore plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et ordonna qu’on le lui amène. Quand l’aveugle se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : «Maître, fais que je voie de nouveau.» Et Jésus lui dit : « Vois, ta confiance t’a sauvé.» Aussitôt, il put voir, et il suivait Jésus en louant Dieu. Toute la foule vit cela et se mit aussi à louer Dieu.
(traduction Français courant)

Après l’expérience que nous venons de vivre, nous prenons tous un instant pour nous souvenir des paroles qui ont fait du bien dans l’expérience que nous venons de vivre.

Qui aimerait partager une parole qui fait du bien ?

La puissance qui fait mal

Nous avons découvert ensemble la force d’une parole, l’efficacité des sortilèges. La puissance des mots qui font du bien, des paroles qui sauvent. Mais cette puissance peut aussi être utilisée avec de mauvaises intentions. Béatrix Lestrange le dit clairement: « Il faut vraiment vouloir la souffrance de l’autre »(Ordre du Phénix p.963 folio junior). L’intention avec laquelle une parole est portée donne toute sa puissance au mot, que ce soit pour une bénédiction ou une malédiction.

Il existe 3 sortilèges impardonnables. Extrait de Harry Potter et la Coupe de feu (tome 4, chapitre 7 du DVD).

 

La tentation de la facilité

Quand on a un pouvoir, on est parfois tenté d’en faire usage par facilité. Pour se simplifier la vie ou sans mesurer les conséquences sur les autres. Nous possédons tou.te.s le pouvoir de la parole. Et nous pouvons tou.te.s en faire un mauvais usage. Il est parfois plus simple d’utiliser les pouvoirs pour son propre intérêt. De porter des paroles qui font du mal comme on utiliserait la magie pour se simplifier la vie sans penser aux conséquences.

Jésus lui aussi a été tenté d’utiliser ses pouvoirs. On lit dans le Grand Grimoire de l’Évangile que Jésus a été conduit au désert pour y être tenté.

Autour des tentations

Avant de lire le texte biblique, s’interroger sur les points suivants:

  • Qu’est-ce que vous comprenez par le mot tentation ?
  • De quoi peut-on être tenté ? (méchanceté, nourriture, mensonge,…)
  • Est-ce qu’on est plus tentés quand on a plus de pouvoir ?

Découverte du récit biblique de Matthieu 4,1-11. Bref commentaire à l’intention des animateurs. On commence par des questions de compréhension basique avant d’aller plus loin. Quelques propositions de questions d’animation:

  • Quels mots n’ont-ils pas compris ou sont difficiles?
  • Combien y a-t-il de tentations ? (3. Résister une fois est difficile, on risque de tomber à la 2e. Après la 3e fois, c’est comme si on avait découvert la force nécessaire pour résister. Les tentations cessent après la 3e.)
  • Comment qualifier/expliquer/résumer les 3 tentations (nourriture, orgueil, pouvoir).
  • Qu’est-ce qui donne la force à Jésus pour résister ? (Il décide de se mettre du côté de Dieu, fidèle à son message)

On cherche ensuite à faire des liens avec l’histoire de Harry Potter (les extraits vus avec le groupe ou l’histoire plus large si les jeunes connaissent bien les livres ou les films). Par exemple: Harry s’est plusieurs fois vu proposer de rejoindre les forces du mal. Il aurait pu fuir et ne pas mener le combat. Ils pourraient faire apparaître du chocolat si ils le voulaient.

Appropriation

Qu’est-ce qui peut me donner la force de me mettre du côté du Bien ? Discussion ouverte.


Merci à Constantin Bacha et l’équipe de la paroisse de Neuchâtel pour le travail sur les tentations en lien avec Harry Potter.

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