Du pain et du poisson

Après la balade méditative de l’aube pascale et une petite collation, les lève-tôt se sont retrouvés au temple d’Auvernier à 8h00 pour le culte. Voici le texte de cette célébration.

Mosaïque (début du 6e s.). Basilique S. Appolinare Nuovo. Ravenne. Source: olivierbauer.org

Partie 1

Aujourd’hui, nous sommes le 1er avril. Et c’est Dieu qui nous fait la plus étonnante des surprises. Si nous devions nous en tenir à notre esprit cartésien, à notre logique humaine, jamais nous ne pourrions prendre au sérieux ce qu’il nous annonce.
Eh, vous savez quoi?!?
Jésus est ressuscité! 😉

Et pourtant, voici plus de 2000 ans que des hommes et des femmes placent leur espérance dans cette vérité. Que nous-mêmes, à la suite de toutes celles et ceux qui nous ont précédé, nous plaçons nos vies devant cette réalité: Dieu est plus fort que tout ce qui pourrait cloisonner nos vies. Il est même plus fort que la mort elle-même.
Alors en ce matin du 1er avril, nous n’avons pas envie de faire des blagues car, franchement, il nous faut rester modeste et laisser à Dieu l’indiscutable victoire en la matière. Jamais nous ne pourrions faire mieux.

Mais petit clin d’œil, nous avons choisi de placer cette célébration sous le signe du poisson. Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié, c’est à l’intérieur même d’un poisson que nous vous invitons à entrer. Continuer la lecture de Du pain et du poisson

Aube pascale: promenade méditative

Déroulement et textes de la célébration de l’aube de Pâques vécue à Auvernier, au petit matin dans un cadre magnifique.

Station 1 autour du feu

Accueil des participants autour d’une bûche allumée. Devant le chalet scout. 6h00.

Texte d’accueil: Bienvenue à toutes et tous. Nous voici dans la nuit. Obscurité du monde que nous avons plutôt l’habitude de fuir. Mettant à profit ces heures apparemment inutiles puisque boudées par la lumières pour nous reposer, reprendre des forces pour nous engager courageusement dans le jour suivant. Mais voici que parfois, la nuit vient à nous. Mystérieuse et englobante. Angoissante aussi. Les ténèbres pénètrent en nous plus encore que nous ne pénétrons en elles. C’est ce qui se produisit pour ceux qui avaient suivi Jésus, qui avaient cru en lui comme celui que Dieu envoyait pour les sauver. Voilà qu’il a été mis à mort. Voilà que l’échec et l’obscurité ont eu raison de leurs espérances. C’est dans cette obscurité qui envahit encore le monde que nous nous sommes donné rendez-vous. Autour d’un feu qui nous réchauffe et donne un peu de lueur. Prémices de cette flamme et de cette lumière qui ne laissent pas les ténèbres l’emporter sur notre espérance.

Cette année, hasard du calendrier, le jour de Pâques tombe sur la date du 1er avril. Alors ici, point de canular ni d’espièglerie, mais nous vous proposons de vivre cette balade méditative de l’aube pascale sous le signe le poisson. Thème biblique et chrétien chargé de sens, notre marche se vivra au rythme de textes et de rencontres où il sera question de poissons.

Chant: La nuit règne encore ici-bas, mais notre espérance est que tout ne se termine pas à la Croix. Que Dieu ne nous abandonne pas dans l’obscurité. Le chant La ténèbre n’est point ténèbre ponctuera notre marche. Nous le chantons 3 fois.

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En route vers Pâques, les enfants!

Samedi, j’ai animé une rencontre de l’Eveil à la foi sur le thème « En route vers Pâques ». Je me suis inspirée du programme proposé par le Service de catéchèse de l’Eglise catholique de Fribourg tout en y apportant quelques modifications. L’activité est destinée aux enfants de 3 à 6 ans, accompagnés de leurs parents, mais les fratries viennent souvent au grand complet, donc les enfants ont entre 0 et 10 ans. Le groupe est œcuménique, les rencontres ont lieu dans les églises (cette fois à l’église catholique de Boudry), des samedis matins donc par pendant une messe ou un culte.

Habituellement, j’anime avec un collègue catholique, qui cette fois-ci était retenu par une autre activité. Et des parents se proposent pour l’animation et la préparation du bricolage. Mais les agendas familiaux ne le permettaient pas cette fois-ci. Je devais donc trouver un moyen d’assumer à la fois l’animation du récit et du bricolage (avec sur place évidemment l’appui des parents).

Voici ce que j’ai proposé et qui a plutôt bien fonctionné. Si cela peut rendre service à d’autres, j’en serais heureuse! Continuer la lecture de En route vers Pâques, les enfants!

Croire l’incroyable?

Prédication dialoguée avec Solène Maeder, jeune monitrice dans la paroisse du Joran. Culte de Pâques 27 mars 2016 à Cortaillod.
Textes bibliques: 1Pierre 1,3-9 et Jean 20,20-24

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Diane
Il y a quelques temps de cela, Solène m’a fait part de son souhait de préparer avec moi le culte de Pâques pour son travail de diplôme de monitrice de catéchisme. Nous nous sommes donc lancées dans la lecture des textes évangiles qui parlent de la résurrection de Jésus. Une lecture et des discussions qui nous ont menées à choisir ce récit de l’apparition à Thomas pour le culte de ce matin.

Solène
En lisant les textes dans les 4 évangiles, j’ai remarqué de nombreuses différences. Chacun a appuyé les événements qui lui parlaient le plus et ceux qu’ils pensaient les plus importants. Concernant la résurrection, Marc et Jean parlent de Marie de Magdala. Je trouve que Luc a toujours une version plus éloignée et différente que celle des autres. Et Jean est le seul à insérer des personnages solo. D’abord Marie, une femme, puis Thomas, un disciple.
C’est Jean qui m’a fait le mieux comprendre le but de la mort et de la résurrection de Jésus. Il montre plus précisément la réaction (normale) de Thomas, un disciple, mais humain. Cette réaction me parle car Thomas est humain, et croire aux choses surnaturelle est difficile pour nous. Et de plus, il n’est pas témoin de cet événement. Il ne fait que entendre ce que ses amis lui disent. Et comme toute personne, il ne croit pas, il doute de cette parole qui paraît si folle. Tant qu’il n’aura pas vu il ne croira pas. C’est la version qui me parle le plus car nous pouvons entièrement nous identifier à Thomas. Il vit des émotions humaines et normales face à quelque chose qui nous dépasse. Et j’aurais la même réaction à sa place. C’est difficile de croire du tout au tout la parole des autres, mais les croire pour quelque chose d’impossible, c’est encore plus dur.

Diane
Au petit matin de ce dimanche, Marie de Magdala s’était rendue au tombeau et y avait trouvé la pierre roulée. Le Ressuscité lui était alors apparu. Elle l’avait d’abord pris pour le jardinier, mais quand elle saisit que celui qui était en face de lui n’était personne d’autre que le Christ revenu du séjour des morts, elle s’était empressée d’aller annoncer la nouvelle aux disciples.
Le soir-même, alors qu’ils s’étaient enfermés dans leur maison par crainte des autorités, les disciples assistèrent à leur tour à une apparition du Ressuscité.
Où était Thomas à ce moment là?
On n’en sait rien.
Il a manqué le moment qu’il ne fallait pas manquer!

Solène
Les disciples étaient dans une maison verrouillée. Ils s’étaient enfermés. Enfermés à cause de la peur. Enfermés aussi dans leur tristesse et leur douleur d’avoir perdu Jésus. Ses amis ont vu Jésus, mais Thomas n’a rien vu. Je m’imagine qu’en plus de la tristesse et de la douleur, Thomas devait ressentir de la colère d’avoir manqué le bon moment.
Je comprends que lorsque Jésus est apparu aux autres, il n’y croit pas. C’est facile de se moquer de lui aujourd’hui. De le trouver idiot de ne pas avoir cru. Mais si j’avais été à sa place, cela m’aurait aussi paru bizarre. Si mes amis m’avaient dit qu’ils avaient vu vivant celui qu’on venait d’enterrer, je les aurais pris pour des fous.

Diane
Thomas a effectivement gardé cette image du sceptique, du dubitatif, de celui qui refuse de croire et qui demande des preuves. Mais ce n’est pas tout à fait lui faire honneur de garder de lui uniquement cette image d’incrédule.
La première fois que l’évangéliste Jean nous parle de Thomas, c’est au moment où Jésus veut se rendre en Judée parce que son ami Lazare est mort. Les disciples tentent de l’en dissuader: se rendre en Judée peut s’avérer dangereux pour Jésus. Mais Thomas, lui, affirme: allons, nous aussi, et nous mourrons avec lui!
Thomas n’est pas un tiède. Il est enthousiaste à la suite de son maître et il connaît le danger que cela représente de le suivre. Mais il a confiance et se sent prêt à assumer ce risque.
Et lors du dernier repas, lorsque Jésus parle du chemin à suivre, Thomas l’interpelle. Il cherche à mieux comprendre les paroles de son maître.

Solène
Thomas n’est pas seulement celui qui ne croit pas, il est aussi celui qui cherche à comprendre.
C’est important de réussir à penser par soi-même. Et pas seulement de répéter ce que les autres disent ou croient. Thomas, il a envie de suivre Jésus, il a envie de comprendre comment le faire.
Alors quand les disciples lui disent qu’ils ont vu Jésus ressuscité, il n’arrive pas à les croire.
Personne ne peut croire à notre place.
Personne ne peut croire pour Thomas. Se fier à la parole des autres, dans un événement si intense, c’est difficile. Et je dois dire que la Résurrection, c’est quelque chose de tellement bizarre, que c’est aussi difficile pour moi d’y croire.

Diane
La Résurrection est incroyable, au sens littéral du terme: c’est quelque chose qui est au-delà de ce qui appartient à ce que nous pouvons tenir pour vrai. Un mort qui revient à la vie, ce n’est pas de l’ordre du possible. C’est même l’opposé de ce qu’est la mort.
Il est donc bien naturel que Thomas exprime des doutes. Et nous pouvons lui en être reconnaissants.
Car, soyons honnêtes, pour nous aussi la Résurrection est incroyable. Tellement incroyable qu’elle est très souvent édulcorée ou spiritualisée. On parle des effets de la résurrection et de la résurrection de l’espérance, mais on ne s’attarde pas trop sur la résurrection concrète de Jésus. Ou de ce que Paul appelle la résurrection des corps. C’est tellement bizarre qu’il n’y a pas grand-chose à dire. Sauf l’évoquer et se dire que même l’impossible est rendu possible.

Solène
Je comprends Thomas. Et j’aime sa volonté d’en savoir plus, d’en avoir le cœur net. Il ne pourra pas y croire tant qu’il n’aura pas vu, pas touché. Il a besoin de faire lui-même l’expérience. Avant, il voulait comprendre pour mieux croire mais là, il n’arrive simplement plus à croire sans comprendre.
Lorsque Thomas voit enfin Jésus, il en a la preuve devant lui. Mais désormais, vu que le Christ ne sera plus physiquement là, il lui demande d’arrêter de douter et de croire, de faire confiance.
Thomas a eu de la chance. Jésus a entendu ses doutes, il a répondu a sa demande et il lui est apparu.

Diane
Oui, Jésus lui est apparu. Mais il n’est pas tout à fait exact de dire qu’il a répondu à sa demande.
Voici ce que disait Thomas: Si je ne vois pas les marques des clous dans sa main, si je ne mets pas mon doigt à la place où étaient les clous et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas.
En apparaissant devant lui, le Ressuscité dit à Thomas: Avance ton doigt ici et regarde mes mains; avance ta main et mets-la dans mon côté. Cesse de douter et crois!

Et que fait Thomas? Est-ce qu’il avance son doigt? Est-ce qu’il avance sa main?

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L’incrédulité de Saint Thomas (Le caravage)

Solène
Non. Thomas ne touche pas. Il répond au Christ en disant: Mon Seigneur et mon Dieu!
Thomas voulait des preuves. Mais après avoir entendu la parole du Christ, il sait qu’il n’a pas besoin de voir ou de toucher pour avoir la foi.
Mais est-ce que cela me suffira à moi pour croire? Connaître le témoignage des évangiles? Est-ce que c’est suffisant pour que moi aussi je sois capable de faire confiance?

Diane
Thomas a demandé une preuve mais en réalité, ce n’est pas la preuve qui l’a convaincu, c’est l’appel que le Christ lui a adressé. Crois! Fais confiance!
C’est une parole, une appel. Et sa capacité à y répondre. Pour un temps, il n’en n’était plus capable. Mais quand il a à nouveau pu entendre, il a cru et c’est de sa bouche que vient la plus belle déclaration de foi des évangiles. Car Thomas est le seul dire de manière aussi claire: tu es mon Seigneur, tu es Dieu.

Solène
Je sais moi aussi que Jésus sera toujours là pour moi. Jésus est venu et ne cessera de venir et de se tenir au milieu des siens, au milieu de nous.
L’important est de croire que la foi est possible. Quand on a des doutes, d’oser poser des questions pour chercher à mieux comprendre. Je veux continuer à voir et à ressentir cette présence, cette lumière qui apparaît comme une vérité à mes yeux.

Diane
La foi n’est pas quelque chose de tangible, ni une chose que nous pouvons posséder une fois pour toutes. Solène, je sais que tu fais beaucoup de danse. Tu t’entraînes beaucoup, tu exerces les mouvements, tu apprends, tu pousse ton corps et mémorises des chorégraphies. Et pourtant, tu ne possèdes pas la danse.
Pour que la danse existe, il faut que le danseur se lance. Avec la confiance en tout ce qu’il sait, tout en étant conscient qu’il ne maîtrise pas totalement l’instant.
Il y a quelque chose de semblable dans la foi. Dans la volonté d’apprendre et de comprendre toujours mieux ce que le Christ nous enseigne, et dans la confiance et le risque de la rencontre et de l’instant.

Amen

Pâques: dites-le avec des fleurs

Dans le temple de Cortaillod, un espace est aménagé pour permettre aux enfants de bricoler et de dessiner pendant le culte. Un animateur ou une animatrice prépare un bricolage en lien avec le thème du culte et le texte biblique.

Dimanche dernier: c’était Pâques, évidemment! Pour le bricolage, on s’est inspiré de ce modèle et voici le résultat, réalisé par mon fils de 7 ans.

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En observant le dessin, je remarque que tous les insectes vont en direction de la lumière 😉