À qui appartient ma mort?

Hier soir, la RTS a diffusé un reportage intitulé Je prépare mes obsèques dans le magazine Mise au Point. Je suis restée accrochée sur cette phrase du patron des pompes funèbres: « Les gens désirent garder une certaine mainmise sur leurs obsèques. […] C’est dans l’air du temps de vouloir tout maîtriser jusqu’à la fin. »

Cette dimension de maîtrise m’interroge. Admettre que l’on ne maîtrise pas totalement sa vie est déjà difficile, pourquoi en plus vouloir maîtriser sa mort?

J’ai régulièrement l’occasion de rencontrer des familles en deuil et je constate que bien souvent cette volonté de maîtrise de la part du défunt place les vivants dans des situations inextricables. Par loyauté au défunt, les endeuillés se plient à la lettre à ses volontés. La disparition récente de la personne crée un tel respect que ses moindres souhaits deviennent intouchables.

Mais les volontés du défunt ne correspondent pas nécessairement ni aux envies ni aux besoins des vivants. En tant que pasteure, ce sont les endeuillés que j’accompagne. Ce sont eux qui doivent parvenir à dire adieu. Je crois que le défunt a trouvé la paix dans la mort. Mais parfois, ce qu’il a laissé derrière lui devient obstacle pour les vivants qui cherchent, eux, à trouver la paix dans la vie.

Notre mort ne nous appartient pas. Le deuil appartient aux vivants.

Plusieurs protagonistes du reportage disent l’importance d’en parler avec son entourage. C’est un excellent conseil! Mais en parler ne signifie pas informer ses proches qu’on a tout réglé. En parler signifie ouvrir réellement la discussion sur les envies et les besoins des uns et des autres.

Et comme dirait Odile: Longue et belle vie à vous aussi!

Les enfants, les ados et la mort

Dans le cadre de mon travail en paroisse, j’ai régulièrement l’occasion de visiter des familles qui vivent un deuil. Dans ces familles, il y a parfois de jeunes enfants ou des adolescents. Je constate qu’en règle générale, ceux-ci sont écartés du moment de discussion qui réunit la famille et le pasteur et qu’il arrive même qu’ils ne soient pas présents à la cérémonie.

Le journal régional Le Courrier neuchâtelois a publié cette semaine un article sur les ados et la mort qui met en avant le besoin des jeunes d’en parler sans tabou. Mon collègue Raoul Pagnamenta et moi-même avons été contactés par la journaliste et brièvement cités. Continuer la lecture de Les enfants, les ados et la mort